14. avr., 2015

Résultat des Départementales en Gironde, le Silence

La droite peut être heureuse d’avoir remportée autant de départements en France, le 29 mars dernier.

Toutefois, restant à gauche, le département Girondin fait figure d'exception!  Est - ce le résultat d'une stratégie politique mal calibrée, d'une sociologie du territoire très marquée, d'un découpage cantonale très électoraliste....

Il doit y avoir un peu de vrai dans chacune de ces idées.

1°) Une stratégie politique mal calibrée
Une chose est certaine, n'ayant pas été invité à participer à cette compétition, et n'ayant pas apporté son concours, Sens Commun ne peut rester qu'en dehors de la défaite.

 Au contraire, à comparer avec les élections municipales à Bordeaux ( 60.95% pour la droite), on peut même considérer que cette tendance a fait défaut à la liste "Gironde positive". Ce qui démontrerait la nécessité de composer avec elle, à l’avenir.

La politique municipale Bordelaise poursuivie depuis mars 2014, est très centriste - voir à gauche dans certaines matières. Ce qui déplait à nombre de Bordelais, qui ont le sentiment d’avoir été trompés. Dans ces conditions,  l’investissement personnel et l'omniprésence d'Alain Juppé sur les dépliants de campagne ont certainement contribué à détourner certains électeurs de droite. Alors que l'électorat de centre gauche, espéré par le maire de Bordeaux, a maintenu son vote à gauche!

Enfin, il y avait quelque part, dans ces élections, un enjeu national avec l'implication personnelle d'Alain Juppé et son ambition affichée pour l’élection présidentielle.

 La trop grande confiance, le parti pris et l'appréhension erronée de la réalité, ont conduit "Gironde Positive" à des excès de langage et d'attitude, et à une composition décalée de leur union par rapport à leur électorat potentiel.

2°) Un découpage cantonal favorable à la gauche

Il est évident que le ministère de l'intérieur a remarquablement travaillé en faveur de ses propres intérêts. Voir ici. Par exemple, le sortant, et chef de l’union « Gironde positive » Yves d’Amécourt (et non reconduit), a vu son canton se transformer en une bande de 90km de long sur 15 km de large !

Mais, cette tactique politicienne est pratiquée aussi par la droite lorsqu'elle est aux affaires.

3°) Le Sud-Ouest semble une terre à gauche

Face à cette réalité sociologique, on peut malgré tout constater de très bons scores dans les zones ou la droite assume ses valeurs ! voir ici. Andernos 63.95% pour « Gironde positive »,  Arcachon (canton de La Teste-de-Buche) : 77.61%.

En conclusion, on peut être déçu de la victoire de la gauche en Gironde, malgré les conditions favorables et historiques qui se présentaient à la droite :
- départ de P. Madrelle (socialiste), depuis 36 ans président du conseil général,
- désaveu des socialistes au niveau national,
- présence d'un personnage politique emblématique - Alain Juppé,

Cela renforce, selon moi, le poids des erreurs développées supra.

Cette analyse n'a quasiment pas été relayée par les commentateurs politiques locaux!