16. juin, 2015

François Hollande peut-il se représenter lors de l’élection présidentielle de 2017 ?

Il y a tout juste un mois, le 19 mai dernier, François Hollande, lors de son discours de Carcassonne, faisait le point sur ses actions engagées et celles qui restent à entreprendre. Tous les commentateurs soulignaient le caractère pré-électoral de cette intervention.

Si le président de la République  peut juridiquement se présenter à l’élection présidentielle de 2017, comme le lui autorise l’article 6 de la Constitution, réformée le 23/07/2008, et qu’il est évident que l’exercice actuel de sa fonction lui confère un avantage, le bilan de son action, en cours de mandat, lui est largement défavorable.

Voici une liste non exhaustive des marches descendues par la France depuis le début de son mandat :

La contestation et la division, au niveau économique, que ce soit le refus de la taxation des plus-values en cas de revente de parts de sociétés, par les « pigeons », en septembre-octobre 2012 ; le mouvement pour la défense des micro-entrepreneurs et TPE, initié par « les poussins » en avril 2013 ; la révolte des « bonnets rouges » qui contestaient l’écotaxe en octobre 2013, et voulaient lutter contre la délocalisation du travail ; et les professions libérales, fin 2014, avec la réforme Macron, qui engage la déréglementation d’une partie d’entre elles.

Sur le plan sociétal, en 2013, le mariage pour tous suscite la colère. A trois reprises, de centaines de milliers de manifestants, sans compter d’autres formes d’expressions comme les veilleurs ou les sentinelles, descendent dans la rue. La réforme des rythmes scolaires, avec notamment le collectif « les giletsjaunes », mobilise les enseignants et oblige les familles et collectivités locales à adopter de nouvelles organisations…

L’amateurisme dans la gestion des affaires du pays : la grande Loi Duflot, qui a fait fuir les investisseurs immobiliers, et a conduit à la chute de la construction de logement, malgré les vœux présidentiels, et le besoin impératif de logements. Certaines réformes, comme celle des collectivités locales, manquent de cohérence et d’achèvement : l’hiver dernier, les Français votaient pour désigner leurs conseillers départementaux alors que leurs compétences n’étaient pas encore déterminées par la Loi ! De même, les nouvelles régions ont des tailles très inégales, ce qui risque de renforcer les inégalités sur le territoire national.

L’appauvrissement économique et social du pays : les faillites d’entreprises se multipient, avec + 7.6% pour le 1er trimestre 2015, selon l’étude Altares publiée le 16 avril dernier. Il s’agit d’un record historique. Dès lors, il n’est pas étonnant que les chiffres du chômage continuent leur progression : 1 053 000 chômeurs de plus depuis le début du quinquennat de François Hollande.

L’affaiblissement de l’autorité : la France a rarement connu autant de ministres rattrapés par les affaires, en si peu de temps. La cacophonie des ministres sous le gouvernement Ayrault, la contestation affichée de la majorité (les frondeurs), le déballage de la vie privée, et peu exemplaire, du président de la République : affaire Gayet, livres de Valérie Trierweiler et Cécile Duflot…

A tout dire, on finit par se demander si François Hollande et son équipe restreinte ne sont pas les seuls à être satisfaits d’eux-mêmes. A force d’égalité, de normalité et de nivellement par le bas, la France dégringole.