29. oct., 2015

Que penser de la quinzaine de l'égalité Bordelaise ?

Soutenez-vous la quinzaine de l’Egalité ?

Outre le fait que cette initiative soit directement importée de collectivités locales socialistes, ce qui pose une difficulté de cohérence politique dans une mairie de droite (les électeurs se sentiront-ils trahis ?), je n’aurais pas traité le sujet de cette manière, et deux points ont attiré mon attention.

D’une part, et dans le contexte où les religions sont sollicitées, il est surprenant, à double titre, qu’aucun représentant officiel de l’Eglise catholique (universel en Grec) ne soit présent. D’abord, parce que certains pourraient y voir, pour la 2ième fois, une inégalité de traitement entre les religions existantes – ce qui est un comble! Ensuite, parce que l’Eglise est la mère de ce concept.

Je m’explique : Le Christ est venu sur terre pour libérer tous les hommes, quelle que soit leur condition : riches ou pauvres, esclaves ou libres, faibles ou puissants. Bientôt, nous célèbrerons Noël. Les bergers, avec leur condition modeste, les rois mages venant de différents horizons, avec leur savoir et leur richesse, se prosterneront devant l’Enfant Jésus, dans la crèche. Le message d’universalité semble clair dans l'Evangile. Sa pratique aussi, depuis 2000 ans. Saint Paul, l’apôtre des gentils, issue « de la race choisie », « du peuple élu », formé à l’école de Gamaliel, n’a cessé de répandre cette doctrine à l’égard des juifs, mais aussi des païens, à travers tout le bassin méditerranéen, après sa conversion sur le chemin de Damas.

Dans ces conditions, cette omission, qu’elle soit volontaire ou non, par absence de culture ou idéologique, pose un problème d’honnêteté, y compris scientifique, à l’égard du sujet traité.

D’autre part, le concept de laïcité me parait transgressé lorsque, dans le cadre de ses fonctions, le représentant officiel d’une mairie, située dans un Etat laïc et républicain, s’autorise à disserter, qui plus est à l’intérieur de l’hôtel de ville, sur l’opportunité et l’éventualité ou non d’une pratique liturgique, au sein d’une Eglise :  « La bénédiction des couples de même sexe : une réponse à l'égalité des droits » .

Votre positionnement et vos idées semblent à rebours de la majorité municipale. Dans ces conditions, comment pouvez-vous la soutenir ?

Tout d’abord, chaque être humain est unique, et par définition, un groupe est composé de plusieurs personnes. En conséquence, il est naturel qu’un ensemble politique, qu’il soit majoritaire ou de l’opposition, soit composé de sensibilités différentes. Elles contribuent à enrichir le débat et suscite une certaine concurrence, ce qui contribue au dépassement de soi, ce que je pense bon.

Ensuite, je soutiens la plupart des initiatives de la majorité municipale. Les aménagements publics et la politique, qui ont permis le rayonnement de notre ville, me semblent incontestables. Mais aussi la qualité de vie… Ce mandat s’inscrit dans la continuité de ce qui a commencé il y a longtemps, et je suis heureux d’y participer, à mon échelle, et selon mes disponibilités.

En revanche, il est vrai que certaines orientations prises par la ville, en matière sociétale, ne correspondent pas à ma ligne politique. Ce n’est un secret pour personne, tout le monde connaissait mon parcours associatif préalablement à mon engagement politique. Toutefois, il me semble important que mes valeurs soient portées à la mairie, même si les responsabilités qui m’ont été confiées ne me permettent pas de les mettre en pratique.

Ma présence contribue à donner de la visibilité aux valeurs et aux personnes que je porte, même si dans l’exercice de mes fonctions, c’est la ville de Bordeaux que je représente. En outre, elle me permet de découvrir ce monde politique, si particulier.