4. juil., 2016

Conseil national LR : une audace bridée !

Le 2 juillet dernier s’est tenu le dernier conseil national de LR, avant les primaires de la droite et du centre, de novembre prochain.

A cette occasion, a été présenté le projet des Républicains pour l’alternance de 2017, document de 362 pages reprenant le socle commun à l’ensemble des candidats à la primaire. Ce texte a été soumis aux voix des conseillers nationaux pour approbation, et seulement 14 ont voté contre.

Ce travail a eu le mérite de mobiliser et de canaliser les forces autour de la construction d’un projet qui rassemble. A cet égard, on peut remercier le président des Républicains d’avoir usé de pédagogie et d’esprit d’unité, alors que des prétentions divergentes menaçaient la survie de son institution.

Il faut donc féliciter toutes les personnes qui se sont investies de près ou de loin à ce travail, et toutes celles et ceux qui l’ont analysé, contribuant ainsi à débattre en faveur d’une alternance.

Toutefois, les observateurs à cette journée, auront pu constater une divergence notable entre ce projet, fruit d’un consensus d’appareil, et les interventions à la tribune puis l’auditoire nettement plus débridé.

Lorsque l’on analyse le texte, on s’aperçoit que, d’un côté, certaines formules et certains mots sont utilisés pour définir des priorités absolues, alors qu’elles bénéficient d’un traitement minimaliste !

Ainsi en est-il de la famille, par exemple. On est heureux de lire[1] qu’elle est « une institution clé et un repère dans cette période charnière que nous traversons » et que « les Républicains souhaitent défendre une politique familiale ambitieuse, juste et volontariste ». 

Cependant, ce sujet n’est traité qu’en 12ème position sur 18, et donne lieu à des dispositions peu ambitieuses : le rétablissement du quotient familial, et de l’universalité des allocations familiales, supprimés par les socialistes. Et le développement de l’emploi familial, pour favoriser l’engagement professionnel des femmes et la refonte des modes d’accueil et de gardes des enfants. 

D’un autre côté, les « valeurs, celles qui constituent notre ADN », ne sont pas définies…, et les maux sont peu évoqués : la désagrégation du territoire, de la langue et du peuple français. Plus largement, la perte de compétitivité économique, et du rayonnement de la présence et de la culture française dans le monde. De même, il n’est pas indiqué avec quels moyens les réformes proposées seront financées.

Si les mesures techniques sont bien évoquées dans le projet, elles ne semblent pas en adéquation avec la gravité de la situation d’aujourd’hui. Peut-être, justement,  parce qu’elle est insuffisamment analysée, décrite !

 Alors que, la quasi-totalité des intervenants, très applaudis, ont traité, sans langue de bois, de ces sujets.

En conséquence, ce projet donne l’impression d’être un minima, d’être le fruit d’un consensus sans direction. Celui d’un appareil qui souhaite se protéger, garder son fonctionnement et ses références, alors que la réalité et que les hommes et les femmes d’aujourd’hui appellent à un véritable changement, à la fois, anthropologique et humain.

Celui-ci ne pourrait-il pas s’articuler autour deux principes fondamentaux ? à savoir que :

-          Le soleil se situe bien dans le ciel. Et qu’en conséquence, la lumière vient d’en haut et non de l’homme. Bien que cette affirmation paraisse évidente, elle nécessite d’être rappelée avec force, car elle induit que tout ne se vaut pas.

-       L’épanouissement de l’être humain et de la société tout entière est fondé sur l’admiration de la création et la participation de l’homme à sa compréhension et son utilisation respectueuse.

 

Délégué LR de la 2ème circonscription de Gironde et conseiller national



[1] P. 287,  Le projet des Républicains pour 2017, Les Républicains