10. mai, 2017

Election présidentielle 2017, un rendez-vous reporté ?

L'élection présidentielle révèle, à double titre, une échéance démocratique manquée :

Tout d'abord, au soir du 1er tour, alors que le pays attendait massivement une alternance, suite au quinquennat désastreux de François Hollande, les Français ont décidé de perpétuer le système, en l’épurant des éléments perturbateurs, frondeurs (socialistes). Cette reconduction n’est pas le fruit d’un choix démocratique, issu d’un débat loyal entre plusieurs propositions politiques, mais celui d’un vice de forme, ayant conduit à abattre un homme  pour empêcher la mise en œuvre de son programme.

Ensuite, les résultats du 2nd tour affichent, une légitimité décevante pour Emmanuel Macron au regard des suffrages qui se sont exprimés en sa faveur. Seulement 44% des inscrits, malgré une opposante clivante (Marine Le Pen), un appel unanime au front républicain et un battage médiatique important en sa faveur. Cette faiblesse s’explique par une base électorale étroite : les citadins bénéficiaires de la mondialisation, amoureux d’eux-mêmes, et les indécis, cueillis par la science marketing et publicitaire…  

Cependant, pour la future opposition, les résultats de dimanche soir ne sont pas sans espoir :

D’une part, il est possible de penser que l’électorat de droite est allé nourrir une partie du score d'Emmanuel Macron, pour ceux qui voulaient faire barrage au FN (une partie des 43%), de Le Pen, pour ceux qui voulait diminuer le résultat d’en Marche, et de l’abstention plus les votes nuls, pour ceux qui ne souhaitaient pas être assimilés à l’un ou à l’autre des candidats.

Sans oublier, bien sûr,  de partager ce constat avec les électeurs de la France insoumise, et dans une moindre mesure, ceux du parti socialiste. Ce qui laisse, malgré tout, un espace politique assez important à la droite de gouvernement.

D’autre part, le résultat relativement faible du FN (sous la barre des 34%), montre qu’il ne parvient pas à convaincre, alors que la France vit une explosion des thèmes qui lui sont favorables. Il est fort à parier, par ailleurs, que le retrait de la vie politique de Marion Maréchal Le Pen, contribue à affaiblir ce parti, sans ligne doctrinale claire.

Enfin, le front républicain habituellement mortel pour les partis de gouvernements se retourne contre ses partisans, du fait de sa présence future aux affaires – si tenté qu’il obtienne une majorité à l’Assemblée Nationale. Ceux qui le composent, c’est-à-dire les courants dits « humanistes, modérés ou progressistes » de la droite et du centre, vont devoir se positionner entre la collaboration ou l’opposition, dans l’intelligence et la construction, certes. Choix cornélien pour eux ! Mais ce phénomène naturel devrait permettre à ces partis politiques de retrouver leur identité originelle, de clarifier leur ligne idéologique, mais aussi de se rapprocher de leur base populaire, et peut-on espérer, vider les extrêmes… à condition que leur direction soit suffisamment ferme.

Enfin, comment construire la société tant désirée, en l’absence de l’effet de levier que constitue l’exercice du pouvoir politique ?

Il est nécessaire de compter sur la société civile à titre individuel et collectif. D’une part, parce que chaque personne de bonne volonté peut répandre, selon son propre talent et dans sa propre sphère (que ce soit au niveau familial, amical, professionnel, associatif…),  les messages désirés, sachant que leur attractivité dépend de leur action réfléchie mais aussi de la cohérence vécue par ces mêmes personnes. D’autre part, parce qu'elles doivent exercer une solidarité entre elles, à destination du plus grand nombre, afin que des oeuvres communes puissent être réalisées dans tous les domaines de la société.

En résumé, le redressement de notre pays est l'affaire de tous, maintenant. N'attendons pas que les jours imaginaires, soit disant meilleurs dans le passé, reviennent... construisons notre avenir ensemble !